Histoire

En 1931, la première démonstration aérienne en patrouille en France a lieu sur le terrain d'Étampes-Mondésir. Elle est effectuée par des moniteurs de l'École de perfectionnement au pilotage sur Morane-Saulnier MS.230. La formation est alors composée de 3 appareils. Entre 1932 et 1939, sous le commandement du Capitaine Pierre Fleurquin, la « patrouille d'Étampes » reçoit un succès encourageant et entre dans la postérité. La patrouille est choisie pour représenter la France lors de meetings internationaux.

En 1935, la « patrouille d'Étampes » est convertie sur MS.225 et se développe pour passer à cinq appareils (1936). En 1937, elle rejoint Salon-de-Provence, prenant l'appellation de « Patrouille de l'École de l'air ». La Seconde Guerre mondiale interrompt ces différentes activités.

En 1947, le ministère de l'Air crée une Escadrille de présentation de l'Armée de l'air. Elle est dirigée par le capitaine Perrier, ancien pilote de la Patrouille d'Étampes et équipée de douze Stampe SV-4. Devant le succès croissant des représentations, diverses formations voient le jour au sein de l'Armée de l'Air. En 1952, le commandant Pierre Delachenal, pilote de la 3e Escadre de chasse stationnée sur la base aérienne 112 Reims-Champagne, forme une escadrille de quatre Republic F-84 G. Lors d'un meeting aérien le 17 mai 1953 sur le terrain de Maison-Blanche en Algérie, le commentateur du show de l'escadrille le pilote et journaliste Jacques Nœtinger, emballé par le spectacle qu'il vient de voir, la baptise Patrouille de France. L'état-major de l'armée de l'air entérine cette appellation le 14 septembre 1953.

Durant les dix années suivantes, quatre escadres de l'Armée de l'Air (la 12e Escadre de la base aérienne 103 Cambrai-Épinoy, la 4e Escadre de la base aérienne 136 Bremgarten ; la 2e Escadre de la base aérienne 102 Dijon-Longvic et la 4e Escadre de la base aérienne 133 Nancy-Ochey) perpétuent tour à tour les traditions de la Patrouille de France et contribuent à son succès international. Pourtant, en 1964, à la suite de restrictions budgétaires, la patrouille de Mystère IV, est dissoute. Soucieux de ne pas voir disparaître le nom de Patrouille de France, le ministère des Armées décide cependant quelques mois plus tard de consacrer la Patrouille de l'École de l'Air. Les six Fouga Magister de la base de Salon-de-Provence vont devenir le flambeau de la voltige aérienne française pendant seize ans. La dernière représentation des Fouga Magister, dont le nombre était passé à neuf, se tient le 16 septembre 1980 à Salon-de-Provence. L'Alphajet devient alors le fer de lance de la Patrouille de France en 1981 avec 7 appareils. Ce chiffre est porté à huit à partir de 1982. Un défilé historique a lieu en 1986 au-dessus de la ville de New York.

Le 25 novembre 2009 pour la première fois au monde, une patrouille acrobatique est commandée par une femme puisque c'est à cette date que le commandant de l'Armée de l'air Virginie Guyot devient leader de la Patrouille de France.

Les pilotes

Trois pilotes intègrent chaque année la patrouille. Les nouveaux entrants sont choisis parmi les pilotes de chasse de l'armée de l'air qui font acte de volontariat. Ils doivent détenir la qualification de chef de patrouille et totaliser au moins 1 500 heures de vol sur avion à réaction pour pouvoir postuler. Sur le principe de la cooptation, ce sont les pilotes en place qui choisissent les trois futurs pilotes de la patrouille.

La saison 2009-2010 est marquée par l'arrivée de la première femme pilote à intégrer la patrouille : le commandant Virginie Guyot.

L'indicatif radio de la patrouille est Athos.

Le leader
Athos 1 reste à son poste sur une période d'un an, il est le seul pilote indispensable dans la patrouille et ne peut être remplacé. Chef d'orchestre de la patrouille, il détermine avec son équipe les figures et formations que la patrouille utilisera.
Les intérieurs
Respectivement Athos 2 et Athos 3. Ils sont en première année à la patrouille et évoluent au plus près du leader lors des vols en formation.
Le charognard
Athos 4, il tire son surnom de sa position : placé derrière le leader, il en avale littéralement les fumées et prendra sa place l'année suivante.
Les extérieurs
Athos 7 et Athos 8 font partie des équipiers les plus éloignés du leader. Leurs places respectives au sein de la formation leur demande beaucoup d'anticipation et de concentration pour bien tenir les formations.
Les solos
Athos 5 (leader solo futur charognard) et Athos 6 (second solo) effectuent des croisements et des percussions lors de la « synchronisation », seconde partie du programme.
Le remplaçant

Athos 9 est le pilote le plus ancien à la Patrouille, puisqu'il a occupé les postes d'intérieur, de second solo et de leader solo les années précédentes. Il doit être capable de remplacer n'importe quel équipier. Il ne peut cependant pas remplacer le leader.

PATROUILLE DE FRANCE
image illustrative de l’article Patrouille de FranceBadge de la Patrouille de France.

Création 1953 -
Pays Drapeau de la France France
Branche French-roundel.svg Armée de l'air
Type Patrouille acrobatique
Rôle Voltige aérienne
Effectif 41
Garnison Base aérienne 701 Salon-de-Provence
Ancienne dénomination Patrouille d'Étampes
Patrouille de l'École de l'air
Surnom PAF
Couleurs Bleu, blanc, rouge
Équipement 10 Alpha Jet dont 8 en vol
Commandant historique Général Pierre Delachenal
Les mécaniciens

La Patrouille de France est avant tout une équipe. Ce sont 32 mécaniciens qui mettent en œuvre, entretiennent et réparent les 12 Alphajet affectés à l'unité. Placés sous les ordres du chef des services techniques, les mécaniciens sont également choisis par cooptation parmi les mécaniciens de l'armée de l'air. Ils sont tous volontaires et travaillent parfois tard la nuit pour assurer la mission du lendemain.

Ils sont répartis en deux équipes :

L'équipe dépannage

Chargée des dépannages nécessitant une immobilisation de l'avion, ou l'utilisation d'outils spécifiques (mise sur vérins ou utilisation d'un banc hydraulique par exemple), l'équipe dépannage assure également les opérations d'entretien programmées. Cette équipe reste à Salon-de-Provence durant la saison estivale, et assure le soutien en base arrière, ou quand la patrouille rentre de meeting.

L'équipe « piste / meeting »

Selon la tradition, le mécanicien de piste choisit son pilote. Il l'accompagne alors durant la saison estivale sur tous les meetings, et vole en place arrière pour les vols de transit. En combinaison « bleu pétrole », il assure la mise en œuvre à chaque départ et retour de vol. La confiance entre le mécanicien et son pilote est totale.

Les mécaniciens sont répartis en plusieurs spécialités qui couvrent l'ensemble de l'avion. Les fumigènes, particularité de la patrouille, sont mis en œuvre par les spécialistes « armement ». La spécificité par rapport aux autres escadrons de chasse est que le mécanicien, quelle que soit sa spécialité, peut être affecté dans l'équipe « piste-meeting » et assurer ainsi le travail dévolu uniquement aux mécaniciens « vecteurs ».

le Transall d'accompagnement

Un C-160 Transall accompagne la Patrouille de France à chacun de ses déplacements. Son équipage a pour mission d'assurer le soutien logistique, en transportant une dizaine de tonnes de matériel, ainsi que le personnel nécessaire à la mission. Il peut être amené à faire des rotations jusqu'à Salon-de-Provence à partir d'un lieu de meeting si la situation l'exige. Le Transall et l'équipage qui participent à la mission de la patrouille proviennent des escadrons de transport d'Orléans ou d'Évreux.

Avions utilisés
  • Republic F-84 G Thunderjet (1953-1954)
  • Dassault Ouragan (1954-1957)
  • Dassault Mystère IV (1957-1964)
  • Fouga Magister (1964-1981)
  • Alpha Jet (depuis 1981)

Les avions de la Patrouille de France présentent des différences caractéristiques : la peinture bleu-blanc-rouge, le pod fumigène qui remplace le pod canon et un phare dans le nez ont été rajoutés pour les besoins de la Patrouille. De plus, le viseur, inutile pour ce type de vol, a été démonté pour offrir une meilleure visibilité.

photos
©Roger Bily / Spot'Air
PATROUILLE DE FRANCE
©Baptiste Laurent / Spot'Air
©Christelle Pianetti / Spot'Air
©Léa Langlois / Spot'Air

 

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