La Gazelle est un hélicoptère léger polyvalent de construction métallique conçu dans la deuxième moitié des années 1960 par Sud-Aviation et produit en série à partir du début des années 1970 par la Société nationale industrielle aérospatiale (SNIAS ou Aérospatiale) en collaboration avec Westland Helicopters (Royaume-Uni). Déclinée en deux versions commerciales principales (nomenclatures SA 341 etSA 342), la majeure partie de sa production fut destinée aux armées (France, Tunisie, Maroc, Royaume-Uni, Yougoslavie, Égypte, Koweït, Irak (38 entre 1980 et 19882) mais elle connut aussi un succès certain dans les milieux civils. Malgré son ancienneté, cet hélicoptère forme encore en 2015 la force principale des hélicoptères de combat de plusieurs pays.

 

Cet appareil, conçu pour remplacer les Alouette II, intègre plusieurs avancées technologiques puisqu'il est le premier à utiliser un fenestron au lieu du rotor anti-couple traditionnel ainsi que le premier hélicoptère à être habilité au vol mono-pilote en Cat I (conditions météorologiques) en 1975 dans sa version SA 341G. D'autre part, la cellule est construite avec une structure en « sandwich » composée de fibre de verre alvéolé en forme de nid d'abeille entre deux plaques d'alliage léger et le rotor principal est équipé de trois pales principales « souples » procurant aux passagers un très bon confort vibratoire en vol1. De plus, le train d'atterrissage n'est plus équipé d'amortisseurs, ce qui supprime le risque d'entrée en résonance qui rendait parfois certains hélicoptères incontrôlables au sol. Enfin, la Gazelle apporte aussi une grande amélioration au niveau de la maintenance avancée (opérations simples d'entretien effectuées par les mécaniciens avant ou après le vol) qui permet de fortes réductions de temps d'immobilisation (la durée de l'entretien d'une Alouette II ou III en retour de mission est de l'ordre d'une heure, contre 30 minutes pour une Gazelle), de coûts de maintenance et une augmentation de la fiabilité1.

Histoire

Genèse

Le un accord franco-britannique portant sur la Gazelle, le Puma et le Lynx eut lieu et précisant qu'ils seront construits en collaboration avec Westland Helicopters3. Le eut le 1er vol du SA 340 piloté par Jean Boulet. Ce prototype a déjà les formes générales définitives de la version de série. Les premières versions semblent avoir été équipées d'un moteur Turboméca Astazou III et d'un rotor d'Alouette II, ceci avant les incessantes modifications qui aboutiront au remplacement de celui-ci par une tête rotor semi-rigide développée par la firme allemande Bölkow. Le no 002, dans l'une de ses versions, voit les plans fixes horizontaux placés au sommet de la dérive, lui conférant ainsi un empennage en T. Le bas des portes est encore en tôle ainsi que la majeure partie du plafond de la cabine et la batterie n'est pas encore placée dans le nez de l'appareil. Le 16 août 1971 eut lieu le 1er vol du SA 341 de série. Elle entre en service dans l'armée de terre française en 1973 (1979 pour la Gazelle Hot)4.

Depuis sa mise en service

Dans les années 1990 eut lieu le chantier « coupe-câble ». En effet, en France il y a eu une modification de tous les appareils de l'ALAT impliquant un retrait du dispositif Homing (longues et fines antennes sur le nez de l'hélicoptère permettant le positionnement par rapport à une station émettrice au sol) et la mise en place du système coupe-câble (équerres métalliques au-dessus et en dessous de la cellule, à l'avant) qui permet la section des câbles électriques en cas de heurt.

Plus de 1 250 Gazelle ont été fabriquées en France, 262 au Royaume-Uni, 30 sous licence en Égypte et un nombre indéterminé (200+) en ex-Yougoslavie.

Fin de service

En avril 2007, l'ALAT exploite près de 300 hélicoptères Gazelle (toutes versions confondues). En janvier 2008, le Ministère de la Défense français a désigné l'EC120 comme nouvel hélicoptère d'entraînement de l'Armée de terre baptisé NHE (Nouvel Hélicoptère École) en remplacement de la Gazelle SA 342M.

Depuis 2009, quelques exemples expérimentent la numérisation du champ de bataille de l'ALAT, le NumALAT, dont les premiers exemplaires de série arrivent en service en 20155.

Depuis la fin 2011, les Gazelle sont en cours de retrait, avec 98 exemplaires en service en première ligne à cette date. Il reste 137 exemplaires en parc fin 2013 d'un âge moyen de 27 ans6.

En février 2015, on prévoit l'équipement d'un total de 81 Gazelle (58 Viviane et 23 SA-342M) de NumALAT, ces dernières devant être équipées de la minigun M134. De par le retard du programme hélicoptères interarmées légers (HIL), ces engins doivent rester en service jusqu'aux années 20307,8.

Versions

  • SA 341B : Destinée à l'armée de terre britannique.
Hélicoptère de combat de l'Army Air Corps (le WAH-64 Apache ne constituant qu'une partie des forces) sous la dénomination AH Mk1. 34 en service en 20159
  • SA 341C : Destinée à la Royal Navy.
Sert à l'écolage sous la dénomination HT Mk2.
  • SA 341D : Destinée à la Royal Air Force britannique.
Sert à l'écolage sous la dénomination HT Mk3.
  • SA 341E : Destinée à l'armée britannique.
Utilisée dans des missions de liaisons et de transport de personnalités sous la dénomination HCC Mk4.
  • SA 341F F2 : Destinée à l'armée de terre française.
  • SA 341G : Version civile de la SA 341F.
Équipée d'un Astazou III A de 590 ch.
  • SA 341H : Destinée à l'armée yougoslave.
Fabriquée sous licence par la firme yougoslave Soko.
  • Version rallongée de la SA 341.
Destinée au marché civil. De l'ordre de 20 cm rajoutés au niveau des places arrière (portillons arrière plus long). Construite à quelques exemplaires.
  • 1973 (11 mai) : 1er vol de la SA 342.
Masse maximale : 1 900kg.
  • SA 342J : Version civile.
Équipée d'un Astazou XIV H de 870 ch.
  • SA 342K : Destinée à l'armée koweïtienne.
SA 341 re-motorisée avec l'Astazou XIV H.
  •  SA 342L : Version militaire de la SA 342J.
Fabriquée sous licence par la firme yougoslave Soko ainsi que par le constructeur anglo-égyptien Arab British Helicopter Company (ABHCo).
  •  SA 342M : Destinée à l'ALAT.
Équipée de l'Astazou XIV M et de missile antichar HOT. En service actif à partir de 198410. Depuis 2000, avec le retrait progressif des SA 341F2 et la réduction du nombre total d'hélicoptères, certaines SA 342M sont désarmées pour remplacer les premières dans les missions de liaison et de transport de personnalités. En 2012, 3 exemplaires destinés au Niger sont dotés d'un canon de 20 mm à l'instar de la SA 341F11.

 

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Gazelle SA 342M


Rôle Liaison/reconnaissance
Appui-protection
Lutte anti-chars
Lutte anti-aérienne
Constructeur Drapeau : France Sud-Aviation puis Aérospatiale
Premier vol
Date de retrait Toujours en service, fin de production en 1996
Nombre construit >1775
Équipage : 5
Motorisation
Moteur SA 341 : Turboméca Astazou III C21
SA 342 : Turboméca Astazou XIV M ou H1
Nombre 1
Type Turbine à gaz
Puissance unitaire SA 341 : 6521 ch
SA 342 : 8641 ch
Nombre de pales 3
Dimensions
Image illustrative de l'article Sud-Aviation SA340/341/342 Gazelle
Diamètre du rotor 10,501 m
Longueur 9,5331 m
Hauteur 3,1921 m
Masses
À vide SA 341 : 1 160 kg
SA 342 : 1 200 kg
Maximale 1 9001 kg
Performances
Vitesse de croisière SA 341 : 220 km/h
SA 342 : 230 km/h
Vitesse maximale 3101 km/h
Plafond 6 0001 m
Vitesse ascensionnelle 5401 m/min
Distance de convoyage 670 km
Armement
Externe

Soit :

- 1 canon Giat M621 de 20 mm en sabord droit1

- 2 x 2 missiles antichars filoguidés HOT1

- 2 x 2 missiles antichars AT-3 Sagger (russes)

- 2 x 2 missiles anti-aériens AATCP thermiques Mistral

- 1 panier à roquettes

- 2 x 2 missiles anti-aériens SA-7 Grail (russes).

SA 342L1.

Livraison à l'ALAT de ces appareils qui sont des SA 342M à l'avionique légèrement modifiée (déjà au standard des jumelles de vision nocturne et avec un intérieur cabine noir), temporairement « lisses », sans armement.

 

Gazelle Celtic.

Utilisation par l'ALAT lors de la guerre du Golfe de quelques Gazelle équipées de missiles anti-aériens, ancêtres des Gazelle Mistral.

 

milieu des années 1990 : Mise au standard JVN.

En France, légère modification de l'avionique de toutes les Gazelle, peinture noire de l'intérieur de la cabine, installation d'un éclairage ultra-violet et de feux de formations bas niveaux pour s'adapter aux besoins de l'utilisation des jumelles de vision nocturne à intensification de lumière.

 

Gazelle Mistral (SA 342 L1 ou Ma).

En France, modification des SA 342L1 qui deviennent une version anti-aérienne armée de quatre missiles Mistral à guidage thermique dans leur nouvelle version Air-Air Très Courte Portée (AATCP). Masse maximale : 1 900 kg à 2 100 kg (avec un suivi du TLV entre 2 000 et 2 100 kg). Le remplacement des pales d'origine par celles de l'Écureuil pour la SA 342 Ma.

 

Gazelle Viviane SA 342 M1.

SA 342M HOT modifiée pour recevoir une autre lunette/viseur qui rassemble en un seul équipement une caméra thermique, optique et un télémètre laser permettant l'observation et le tir de jour ou de nuit et par tous les temps. Ce système, plus lourd que le viseur standard et toujours placé au-dessus du chef de bord, a nécessité le renforcement de la cellule par un arceau ainsi que le remplacement des pales d'origine par celles de l'Écureuil. La masse maximale a aussi été revue à la hausse (2100 kg), Le pilote automatique a été optimisé.

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