L'Alouette III est un hélicoptère léger polyvalent français dérivé de l'Alouette II.

En 2011, elle est rentrée dans la famille très fermée des aéronefs ayant plus de 50 ans de service.

Origine

Si l'Alouette II affichait des performances brillantes, puisque dès 1956 un SE.3130 avait réalisé des sauvetages en montagne à plus de 4 000 mètres d’altitude, l’hélicoptère commençait à s'essouffler au-delà de 3 000 mètres. Le bureau d'études Hélicoptères de Sud-Aviation a donc entrepris l’étude d’une version plus puissante, avec une aérodynamique améliorée, ce qui permit d’accroître la capacité de l’appareil. Le résultat fut un appareil pouvant emporter sept personnes (un pilote et six passagers), de construction semi-monocoque et reposant sur un train tricycle Messier à roue avant orientable et dont le fuselage était entièrement caréné. Le nouvel appareil était surtout équipé d'une puissante turbine de 870 ch thermiques, l'Artouste III B de "Turboméca", qui était limitée à 550 ch mécaniques, tant pour le réducteur de turbine que pour la boîte de transmission de l'hélicoptère. La réserve de puissance thermique permettait de garder la puissance mécanique jusqu'à 5 000 m en standard, et, au niveau de la mer, jusqu'à une température extérieure supérieure à 50 °C. Ce qui assurait donc de belles performances en altitude et par temps chaud, avec une très grande fiabilité.

La possibilité d'effectuer des évacuations au treuil (capacité 175 kg), et la bonne adaptation de la cabine aux missions sanitaires, puisqu’on pouvait loger en cabine deux civières, un malade assis et un assistant médical, ont fait de l'Alouette III un appareil très prisé pour toutes les missions de sauvetage. Sa réserve de puissance et la possibilité d’embarquer 740 kg de fret en cabine et 750 kg en charge externe ont facilité son adoption dans des pays montagneux, mais les qualités de l'Alouette III ont également justifié des commandes de pays n'ayant ni haute altitude, ni temps chaud, comme les Pays-Bas ou l’Irlande.

Développement

Construit à La Courneuve, le prototype SE.3160-001 [F-ZWVQ] a effectué son premier vol au Bourget le 28 février 1959, piloté par Jean Boulet et Robert Malus. Il fut suivi trois mois plus tard du SE.3160-002 [F-ZWWR], qui effectua une présentation en vol très remarquée au Salon du Bourget en juin 1959 aux mains de Roland Coffignot, tandis que le 001 débutait une campagne d’évaluation en montagne comprenant des essais-moteur au sommet du Dôme du Goûter (4 150 m d’altitude) par -20 °C. Campagne qui s’acheva par un atterrissage au sommet du Mont-Blanc avec sept personnes à bord (Pilote Jean Boulet).

Ces deux appareils furent suivis de deux appareils de présérie, dont le premier prit l’air en juillet 1960. Remis le 17 mars 1961 au Groupement d'expérimentation de l’ALAT, à Satory, il fut testé en Algérie par le GH2 de Sétif-Aïn-Arnat. Accidenté le 27 novembre 1962, cet appareil fut reconstruit comme SA.316 no 1412 et servit à l'instruction au sein de l’ALAT. Il a été récupéré en 2001 par l’association CELAG de Grenoble.

En juillet 1964 Sud Aviation fit voler1 une version spécifiquement destinée aux militaires et appelée Alouette Canon. Celle-ci possédait un canon-mitrailleur d'un calibre de 20mm. En outre cet appareil était conçu pour pouvoir emporter et tirer des missiles AS.11 et AS-12. Malheureusement cet hélicoptère de combat demeura sans suite. L'Alouette III utilisée, no 1164, fut par la suite désarmée et servit à divers tests2 et essais, notamment dans le domaine de la lutte contre les feux de forêt.

Versions

  • SA-3160 Alouette III : la première Alouette III de série a pris l’air en juillet 1961, année au cours de laquelle les premiers exemplaires de série sont livrés à la Birmanie, tandis que l’ALAT et la Marine nationale commandaient leurs premiers appareils. La certification civile française fut délivrée en décembre 1961, suivie en mars 1962 de la certification FAA.
    • HAL Chetak : à la demande du gouvernement indien, Jean Boulet se rendit à Delhi dès octobre 1960 avec le prototype 002. Durant des essais en Himalaya il se posa à 6 004 m avec 3 personnes et 250 kg de matériel. Une licence fut donc achetée par Hindustan Aeronautics Ltd., en juin 1962 et le premier exemplaire de série assemblé en Inde prit l’air le 11 juin 1965. 300 exemplaires furent construits à Bangalore jusqu’en 1992. Le rotor amélioré du SA-316B fut introduit dans la production indienne en cours de production sans changement de désignation.
  • SE.3164 Alouette canon : pour répondre au besoin de la Rhodésie, à la recherche d’un hélicoptère d’appui tactique, le SE.3160 no 1164 de série fut modifié, la cabine étant redessinée pour permettre le passage à gauche, à l’avant, d’un canon orientable à tir rapide Mauser de 20 mm (250 obus), s’ajoutant aux 4 missiles AS-11 ou AS-12, ou aux conteneurs de roquettes flanquant l’appareil. 400 exemplaires furent commandés sous la désignation K-Car, et différentes configurations d’armement testées en vol à Brétigny, dont une version G-Car avec 2 mitrailleuses Browning montées sur les côtés du fuselage. Le projet fut finalement abandonné en raison de performances décevantes et le SE.3164-001 converti en Alouette III classique puis utilisé par Sud-Aviation pour des démonstrations.
  • SA-316A Alouette III : Désignation du SE.3160 à compter de 1968.
  • SA-316B Alouette III : Avec une motorisation inchangée mais un rotor amélioré, cette version dont le premier vol eut lieu le fut le modèle le plus construit. En 1972 sortit d’usine le SA.316B n°2 000, qui était la 1 000e Alouette III à sortir d’usine.
    • IAR 316B : 230 SA-316B construits sous licence par ICA Brasov, en Roumanie.
      • IAR-317 Airfox : Projet d'hélicoptère d'attaque dérivé de l'IAR 316B. Il semble que trois prototypes aient été construits, le premier vol ayant été effectué en avril 1984. La partie avant du fuselage était entièrement remaniée, avec un cockpit biplace en tandem étroit et blindé, les sièges étant décalés en hauteur, comme sur les hélicoptères antichar contemporains. Le projet fut annulé par le gouvernement de Ceaușescu, qui croulait sous les dettes3.
    • F+W Alouette IIIS : 60 SA-316B produites sous licence en Suisse entre 1970 et 1974 par la Fabrique fédérale d'avions, à Emmen.
  • SA-316C Alouette III : Dernière version, à moteur Artouste IIID de 870 ch détaré à 660 ch, apparue en 1972 mais qui ne fut construite qu’à un nombre restreint d’exemplaires.
  • SA-319B Alouette III : En 1967 le prototype SE.3160-001 prit l’air remotorisé avec une turbine Turboméca Astazou XIV de 870 ch détarée à 600 ch, offrant une consommation spécifique réduite de 15 à 20 %. Le , piloté par Daniel Beauchard et Didier Potelle, le SA.319B-01 se posait au sommet du Kilimandjaro (5 693 m) et trois jours plus tard au sommet du mont Kenya (5 194 m). La commercialisation fut lancée après ces deux atterrissages spectaculaires.
  • SA-319C Alouette III : Dernière versions, modifications de détails seulement.

Production

Au total 1 453 appareils sont sortis des usines de La Courneuve et Marignane jusqu’au 1er mai 1985, livrés à 190 utilisateurs dans 92 pays. Il faut ajouter à ce chiffre les appareils produits sous licence en Suisse par la Fabrique fédérale d'avions, à Emmen (60 appareils), Inde (300 Chetak produits par HAL) et Roumanie (230 IAR 316B construits par IC-Brasov).

Alouette III
007
SA-316B Alouette III

Rôle Hélicoptère léger polyvalent
Constructeur Drapeau : France Sud-Aviation
Premier vol
Mise en service 1961
Nombre construit 1 453
Équipage
1 pilote, 6 passagers
Motorisation
Moteur Turbomeca Artouste IIIB
Nombre 1
Type Turbomoteur
Puissance unitaire 850 ch détaré à 550 ch
Nombre de pales 3
Dimensions
Image illustrative de l'article Sud-Aviation SA316 Alouette III
Diamètre du rotor 11,50 m
Longueur 10,03 m
Hauteur 3,09 m
Masses
À vide 1 230 kg
Charge utile 750 kg
Maximale 2 200 kg
Performances
Vitesse de croisière 185 km/h
Vitesse maximale 210 km/h
Plafond 3 200 m
Plafond avec effet de sol 2 880 m
Plafond sans effet de sol 1 520 m
Vitesse ascensionnelle 258 m/min
Distance franchissable 540 km

 

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